passa porta seminar 2016: need & necessity

DEUXIÈME EDITION DU 21 AU 24 MARS 2016

Le deuxième Passa Porta Seminar, dans le cadre de Literary Europe Live et Europe by People, a offert à six écrivains renommés et à onze « nouvelles voix », issus de dix pays différents, l’occasion de se pencher quatre jours durant sur la question du besoin et de la nécessité de la littérature. Pourquoi écrivons-nous ? Pourquoi lisons-nous ? Et quelle est la relation entre les conditions de vie de l’auteur et la littérature qu’il produit ?

Les auteurs du groupe de base, qui s'est réuni à Passa Porta, sont Andreï Kourkov (UKR), Neel Mukherjee (GBR), Jeroen Olyslaegers (BEL), Gustaaf Peek (NL) et Cécile Wajsbrot (FRA). Leurs discours liminaires ont servi de base à la discussion, animée par Matthijs de Ridder (NLD).

En même temps, deux groupes de « nouvelles voix » ont abordé le même thème: Sophie Divry (FRA), Kenan Görgün (BEL), Nathalie Skowronek (BEL), Use Lahoz (SPA). Leurs échanges (en français) étaient modérés par Maud Joiret (BEL). Les auteurs participant au deuxième groupe (anglophone) étaient Katja Petrowskaja (DEU), Ida Hegazi Høyer (DNL/NOR), Rebekka De Wit (NLD/BEL), Karen Köhler (DEU), Frederik Willem Daem (BEL) et Wytske Versteeg (NLD). Leurs échanges étaient modérés par Saskia Pieterse (NLD).
 

TEXTES D'AUTEUR


COMPTES-RENDUS

 

PHOTOS


VIDEO

Regardez l’enregistrement de la soirée de clôture du seminar:


PODCASTS

Ecoutez les podcasts de New Europeans avec Frederik Willem Daem, Wytske Versteeg et Ida Hegazi Høyer.

 

ILLUSTRATIONS PAR CHARLIEN ADRIAENSSENS

Charlien Adriaenssens (Mortsel, 1988) est diplômée de l’Académie Gerrit Rietveld  (école des Beaux-arts et de design à Amsterdam). De janvier à juin 2016, elle participe à « New Europeans », un projet artistique multidisciplinaire créé à l’occasion de la présidence néerlandaise de l’Union européenne. Dans le cadre du Passa Porta Seminar 2016, elle a dessiné en direct les sessions réunissant Katja Petrowskaja, Ida Hegazi Høyer, Rebekka de Wit, Karen Köhler, Frederik Willem Daem et Wytske Versteeg. Les illustrations ne représentent pas directement les auteurs, mais bien la dynamique de groupe, ainsi que le contenu des discussions.

 

A PROPOS DE LA THEMATIQUE

« Je pense », écrivit le grand romancier belge d’après-guerre Louis Paul Boon dans La Route de la chapelle « qu’il est bon une fois tous les 10 ans de tirer une croix sur toutes ces vieilles choses et de redire le monde-d’aujourd’hui avec d’autres mots. » Sans doute ne recueillerait-on pas « de plus profonds savoirs » que Lao-Tseu, sans doute ne décrirait-on pas mieux « l’homme-fourvoyé-dans-une-société-désorientée » que D.H. Lawrence dans L’Amant de Lady Chatterley ; mais faudrait-il pour autant renoncer à l’écriture ? Bien au contraire. Comme le précisait Boon dans un autre texte : « Comme le poisson nage, moi j’écris ». De nos jours également, il se trouve de par le monde des auteurs qui ne peuvent s’exprimer autrement que par la littérature. Mais d’où provient cette nécessité ? Pourquoi des auteurs ressentent-ils l’urgence de communiquer dans une langue différente de celle que nous utilisons chez le boulanger ou au bureau de poste ? Pour se prononcer en toute liberté de pensée et d’imagination sur le monde d’aujourd’hui, ou au contraire pour y échapper ? Pour formuler une pensée alternative à celle du rendement-à-tout-prix, pour bousculer une société par trop suffisante, ou pour s’adonner à la maîtrise des mots dans sa forme la plus pure ?

Parions qu’une réponse individuelle à ces questions n’aurait pas valeur universelle. La littérature a beau se vouloir une forme d’art « autonome », elle n’en dépend pas moins fortement du contexte dans lequel elle vient au monde. Dans certains cas extrêmes les contingences peuvent même empêcher d’écrire, comme le racontait l’auteur ukrainien Andreï Kourkov dans une interview : « Lorsque l’on suit de si près les événements dramatiques affectant son pays, avec son cortège d’histoires personnelles – la sienne, celles de sa famille et de ses amis – il est très difficile de développer en parallèle un drame fictif et d’en suivre le fil dans sa tête. J’essaie de le faire un jour sur deux, mais c’est difficile. » C’est dire que, lorsque l’on s’interroge sur la nécessité de l’écriture, l’on pose également la question des besoins de l’écrivain. Car est-il possible d’évoluer dans un monde imaginé et de vivre un drame bien réel, voire une réalité imposée par un régime autoritaire ? Et comment vit-on l’écriture dans un environnement qui ne veut ou ne peut pas écouter ? Comment nourrir cette écriture-là ? Comment l’écrivain se ressource-t-il ? Ou bien une discussion sur la dimension matérielle de l’art serait-elle le dernier tabou à briser ?

 

ORG. Passa Porta, Europe By PeopledeBuren, De Markten, en coopération avec Literature Across Frontiers dans le cadre de Literary Europe Live project soutenu par le programme Creative Europe de l'Union Européenne.
 

(PREMIÈRE EDITION DU 10 AU 12 MARS 2014

 

passa porta dialogues

lun. 21.03
18:30 > 19:30
passa porta
EN
Reserv

passa porta seminar

opening

En ouverture, l’auteur ukrainien Andreï Kourkov (Le PingouinLaitier de nuitJournal de Maïdan, …) lira son texte et discutera des expériences bien différentes que sont la création d’un univers fictionnel et l’observation des troubles agitant son pays. Interview : Matthijs de Ridder

mar. 22.03
18:30 > 19:30
passa porta
EN / FR
Reserv

passa porta seminar

nouvelles voix

ANNULÉ

Deux voix de la jeune littérature francophone dialoguent: celle de la Française Sophie Divry et celle de la Belge Nathalie Skowronek. Toutes deux parlent de la réalité de leur métier, de la nécessité d’écrire et des conditions nécessaires pour y parvenir. Interview :  Maud Joiret

mer. 23.03
18:30 > 19:30
passa porta
EN
Reserv

passa porta seminar

en résidence

ANNULÉ

L’actrice, dramaturge et prosatrice allemande Karen Köhler (Wir haben Raketen geangelt, 2014) est actuellement en résidence d’auteur à Amsterdam. L’écrivaine norvégienne Ida Hegazi Høyer écrit un nouveau livre à Bruxelles. Ces deux jeunes voix prometteuses dissèquent l'intérêt de l’art et de l’engagement dans nos sociétés contemporaines. Interview : Saskia Pieterse