passa porta seminar 2014: the time of the author

PREMIÈRE EDITION DU 10 AU 12 MARS 2014

 

Séminaire international d’écrivains, avec Céline Curiol (FRA), Joke Hermsen (NLD), Iman Humaydan (LIB), Jens Christian Grøndahl (DNK), Anne Provoost (BEL), Goce Smilevski (MKD) et Juan Gabriel Vásquez (COL). Modérateur: Ortwin De Graef (BEL).

« Literature is news that stays news », note Ezra Pound dans ABC of Reading. Dans son monde idéal, l’écrivain détermine ce qui a valeur d’actualité et pourra, grâce à lui, être entendu à tout moment et à tout endroit. Mais quel est le rapport entre l’écrivain et ces évènements sur lesquels qu’il ou elle n’a pas prise, ces nouvelles que l’on appelle « l’actualité » ou « le monde d’aujourd’hui » ? On demande souvent à la littérature qu’elle soit à la page et qu’elle suive au plus près ce qui se passe. Qu’est-ce que cela veut dire ? La littérature doit-elle par exemple se servir de formes modernes et d’un « langage contemporain » ? Et qui dira ce que sont exactement ces formes et ce langage ? La littérature doit-elle aborder des thèmes « actuels », discerner les « signes du temps » de façon « contemporaine » ?

Le premier Séminaire de Passa Porta offre à des auteurs belges et internationaux l’occasion de réfléchir ensemble sur une approche critique vis-à-vis de « leur » et « notre temps ». Le temps que nous partageons – avec qui ?

Sept auteurs ont passé trois jours ensemble à la Villa Hellebosch, la résidence pour écrivains dans le village de Vollezele. Ils y ont réfléchi sur le rôle et la place de la littérature dans le monde d’aujourd’hui, à l‘aide de présentations et de conversations, animées par Ortwin de Graef.

  • Compte-rendu des conversations par Jack McMartin (en anglais)
     
  • Vidéo de la soirée de présentation à Flagey, Bruxelles, le 12 mars 2014



Textes


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A PROPOS DES AUTEURS PARTICIPANTS
 

Après des études à Paris, Céline Curiol (France, 1975) s’installe à New York, où elle travaille comme journaliste pour Libération et France Culture et comme correspondante pour BBC Africa et Radio France. Elle a aussi séjourné à Buenos Aires et à Kyoto. Elle vit pour l’instant à Paris. Son premier roman, Voix sans issue (2005), est sorti dans quinze pays et a été en lice pour l’International Foreign Fiction Prize. Ce roman traite de la solitude et du sentiment d’isolement au monde ressenti par le personnage principal. Des thèmes qui apparaissent à nouveau dans ses publications ultérieures. Son deuxième livre, Permission, ainsi que le récit de voyage Route Rouge ont également paru la même année. Ses derniers romans sont Exil intermédiaire (2009) et L'Ardeur des pierres (2012), qu’elle a écrit à Kyoto. Lors de sa résidence à Passa Porta en 2013, elle a pu travailler sur À vue de nez, un essai sur la mémoire, l’odorat et l’écriture, sorti chez Actes Sud la même année.

Joke Hermsen (Pays-Bas, 1961) est romancière, essayiste et philosophe. Elle a fait ses études de littérature et de philosophie à Paris et à Amsterdam. Avec Dana Villa, elle a publié The Judge and The Spectator, un recueil d’essais sur la philosophie politique d’Hannah Arendt. Het dameoffer (1998), son premier roman, a été suivi par Tweeduister (2001), un roman historique mettant en scène des artistes du Bloomsbury Group comme T. S. Eliot et Virginia Woolf pendant l’entre-deux-guerres. Stil de tijd. Pleidooi voor een langzame toekomst (2009) a remporté beaucoup de succès. Ce recueil contient des essais sur des philosophes comme Henri Bergson, Ernst Bloch ou Hannah Arendt. Joke Hermsen y propose une vue d’ensemble des réflexions sur le temps dans la philosophie moderne. Elle explore l’importance de la tranquillité, de la décélération et de l’ennui dans la littérature, la musique et les arts visuels : des valeurs qui semblent oubliées à notre époque moderne. Son dernier ouvrage en date, Kairos (2014), est un essai dédié au dieu grec du temps, de la mesure et du moment opportun.
Site de l’auteur.

Iman Humaydan (Liban, 1956) est une écrivaine, anthropologiste, journaliste, scénariste et professeure d’écriture créative. Elle écrit des chroniques hebdomadaires pour le journal libanais Assafir et a publié trois romans à ce jour : Ville à vif, Mûriers sauvages et D’autres vies (publiés en traduction française aux éditions Verticales). Ses livres ont également été traduits en anglais, italien et néerlandais. Les souvenirs de guerre et la situation des femmes, ainsi que leurs droits occupent une place particulière dans l’œuvre d’Iman Humaydan. Le long-métrage Here Comes the Rain (2011), nourri de ses recherches sur les personnes disparues au Liban, a reçu neuf prix internationaux. Lors de sa résidence à Passa Porta en 2013, elle a travaillé sur Rassa el Istanbul (Lettres d’Istanbul), son quatrième roman, qui devrait paraître en 2014.

Jens Christian Grøndahl (Danemark, 1959) a étudié la philosophie et le cinéma à Copenhague. Il se consacre pleinement à l’écriture depuis 1983. L’amour et les relations modernes sont les thèmes principaux de beaucoup de ses romans. C’est le cas dans Silence en octobre (2011) ou dans Sous un autre jour (2005, finaliste du International IMPAC Dublin Award 2008). En 2010, son livre de souvenirs est sorti au Mercure de France, sous le titre Passages de jeunesse. Dans ses essais, Jens Christian Grøndahl réfléchit souvent à sa position d’écrivain européen et à sa relation aux problèmes politiques et culturels. Les complémentaires, son dernier roman, est sorti chez Gallimard en 2013.

Anne Provoost (Belgique, 1964) est l’auteure d’une série de romans provocateurs traitant de sujets aussi variés que l’extrémisme de droite, les abus sexuels ou la religion, vus à travers les yeux de protagonistes jeunes. Elle publie également des essais sur la littérature et l'(ir)religion. Son deuxième roman Le Piège (1994) traite de la séduction et des écueils des théories d’extrême-droite. Il a été traduit en anglais en 1997 et réalisé en 2001 sous la forme d’un long-métrage avec Jill Clayburgh et Alice Krige (Falling). L’idée d’observer et de montrer le monde à travers le prisme d’un personnage encore très jeune se répète dans d’autres romans d’Anne Provoost. C’est le cas dans Les Passagers de l’Arche, qui aborde le problème de l’inégalité en partant d’une histoire biblique. Regarder le soleil, un roman qui raconte l'histoire d'une fille confrontée à la mort, a été publié en 2009 chez Fayard. Les livres d'Anne Provoost sont traduits dans 20 langues.
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Goce Smilevski (Macédoine,1975) est l’auteur de nombreux romans, pièces et essais. Il a étudié à l’université Charles de Prague, à la Central European University de Budapest, et à l’université Saints-Cyrille-et-Méthode de Skopje, sa ville natale. En 2003, il a reçu le Prix national du roman de l’année (Macédoine) pour Conversations avec Spinoza (non-traduit en français). La liste de Freud (Belfond, 2013), un roman contre le « grand oubli », est une histoire personnelle donnant la parole à Adolfina, la sœur du fondateur de la psychanalyse. Ce livre dépeint la grandeur et la décadence d’une époque qui débute dans l’optimisme du milieu du XIXe siècle et se termine avec l’Holocauste pendant la Seconde Guerre mondiale. En 2010, Goce Smilevski a obtenu le Prix de littérature de L'Union européenne pour ce roman, qui a été traduit dans plus de trente langues. En 2012, il a effectué une résidence d'auteur chez Passa Porta. Découvrez également le citybook qu’il a écrit pour deBuren.
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Juan Gabriel Vásquez (1973) est l’un des représentants les plus importants d’une nouvelle génération d’auteurs latino-américains. Mario Vargas Llosa l’a décrit comme « une des nouvelles voix les plus originales de la région ». Après avoir terminé ses études en Colombie, il a obtenu un doctorat en littérature latino-américaine à la Sorbonne. Il a ensuite vécu quelque temps en Ardenne belge, avant de s’installer à Barcelone. En 2013, après avoir passé seize ans à l’étranger, il retourne vivre en Colombie avec sa famille. Juan Gabriel Vásquez écrit régulièrement pour des magazines et des journaux. Il rédige une rubrique hebdomadaire dans le quotidien colombien El Espectador. Ses romans replongent souvent dans les nombreuses périodes de corruption, de violence et d’opportunisme qu’a connues la Colombie. Dans Les Dénonciateurs (2004), il écrit sur la manière brutale dont ont été traités les Allemands en Colombie pendant la Seconde Guerre mondiale. Histoire secrète du Costaguana (2007) traite de la construction du canal de Panama et de son coût en vies humaines. Le dernier roman de Juan Gabriel Vásquez s’intitule Le Bruit des choses qui tombent (Prix Alfaguara 2011). L’auteur y décrit, dans une langue juste et évocatrice, la montée en puissance et le succès du trafic de drogue colombien international dans les années 1970 et 1980. Il évoque également l’impact que le terrorisme de la drogue a eu sur sa génération.


A PROPOS DU MODERATEUR

Ortwin de Graef (1963) est professeur de littérature anglaise à la KU Leuven en Belgique. Il y est également vice-doyen à la recherche à la Faculté des Lettres. Il est l’auteur de deux livres sur Paul de Man (Serenity in Crisis [1993] et Titanic Light [1995]) et de nombreux articles sur la littérature postromantique. Il a écrit sur un éventail d’écrivains très large, allant de William Wordsworth, Matthew Arnold et George Eliot, à Virginia Woolf et Pearl S. Buck, en passant par Hafid Bouazza, Alan Warner ou encore A.L. Kennedy. Avec Tom Toremans, il a co-édité les numéros spéciaux de la revue littéraire DWB sur la littérature écossaise et l’écriture multilingue. Il a également organisé et présenté des événements littéraires avec John Banville, Nadine Gordimer, Derek Walcott, David Grossman, David Mitchell, Michael Cunningham et A.L. Kennedy.